Dans le dernier numéro du bulletin de la Société d'archéologie et d'histoire du pays de Lorient (n°38), retrouvez mon article sur l'hôtel de ville de Lorient. Du contexte de la reconstruction planifiée de la ville, à la "synthèse des arts" opérée par l'architecte au travers de ce bâtiment emblématique, j'ai tenté de restaurer le mieux possible l'histoire vibrante, l'esthétique noble et la mémoire discrète de la maison de tous les Lorientais.
Extrait
"Dans l’esprit de Tourry et d’Hourlier, l’hôtel de ville n’est nullement perçu comme un monument, ou comme une façade-écran, à l’instar de ce qui a été fait pour Saint-Nazaire (1960) ou Brest (1961). Dans le cas lorientais, la façade se retire de la perspective créée par le grand axe central, tout en jouant de concert avec l’hôtel des finances qui lui fait face, le rôle de portique monumental au grand parc des sports. C’est pourquoi l’hôtel de ville est conçu comme un bâtiment longitudinal, et non frontal, dont la composition des façades, certes loin d’être dénuée de monumentalisme, est d’abord dévolue à la déambulation et à la fluidité du regard. L’accent est mis sur la place, non sur la maison commune proprement dite. Le message symbolique est fort : alors qu’à Brest, c’est l’action municipale qui s’impose au coeur de la politique urbaine de la cité, à Lorient, c’est la communauté elle-même qui est actrice de sa reconstruction et de sa vitalité, incarnée par la place, lieu de rassemblement et de manifestation des grands évènements marquants la mémoire de la ville. Un plan d’urbanisme qui sonne comme une revanche de la municipalité sur ses rivales tutélaires, la Compagnie, puis la Marine, et qui participe à une reconstruction identitaire de l’espace public par une redistribution des rôles, et des architectures."
BOUJU (P.), "L'Hôtel de ville de Lorient. Histoire et mémoire d'une ville", Bull. de la Société d'archéologie et d'histoire du pays de Lorient, 2010, n°38, pp.187-199.

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