mercredi 18 août 2010

Le rocher de la discorde : architecture et lieux de pouvoir à Saint-Malo, XIX-XXe siècles

Dans le cadre du congrès de la SHAB, Société Historique et Archéologique de Bretagne, et avec le concours de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo et la ville de Saint-Malon je présenterai le 9 septembre prochain une rétrospective historique et architecturale sur les lieux de pouvoir qui ont marqué l'urbanisme malouin pendant les deux derniers siècles. L'intervention servira d'introduction au débat qui suivra sur la reconstruction de la cité malouine.

Résumé de la communication

A la charnière des Ve et VIe siècles, le moine Mac Low fonde son ermitage sur un rocher solitaire, en retrait de la cité antique d’Aleth. Dès lors, l’implantation et l’essor des édifices publics de Saint-Malo seront conditionnés par l’étroitesse d’une île sujette aux revendications belliqueuses et aux assauts de la mer.

Du transfert du siège épiscopal au XIIe siècle au sursaut révolutionnaire de 1789, les institutions ecclésiastiques, royales et judiciaires se sont limitées au trio formé par la cathédrale, le palais épiscopal et le château. Le bouleversement initié par la Convention, puis par Napoléon dans l’administration territoriale française, installe à Saint-Malo de nouveaux pouvoirs : sous-préfecture, tribunaux, hôtel de ville. Les institutions sont très vite confrontées à la complexité d’une gestion à minima des services, faute d’espace suffisant. D’autant qu’elles doivent composer avec une marine civile encombrante, principale activité économique du pays, et des notables locaux avides de recouvrer une gloire éteinte.

De la promiscuité du partage de l’ancien palais épiscopal au projet de cité judiciaire du pays de la Rance, l’installation et le fonctionnement des services publics dans la ville de Saint-Malo ont fait l’objet depuis deux siècles d’âpres négociations entre la municipalité, le département et l’Etat. Les solutions apportées, en termes d’aménagements urbains, de constructions publiques et de réflexion sur l’impact du bâti dans le maillage de la ville, font de la cité malouine un véritable laboratoire d’expérimentation étalé sur deux siècles.

Plus encore avec la destruction de la ville par les bombardements en 1944, quelle place occupe aujourd’hui les bâtiments de pouvoir à Saint-Malo ? Quels sont les particularismes d’une ville reconstruite « à l’identique », qui la différencient des autres cités bretonnes de la Reconstruction ? Nous proposons, lors de notre intervention, de revenir sur le contexte historique et architectonique des principales constructions publiques ayant marqué les deux derniers siècles de la cité, et de réfléchir sur la place, physique et symbolique, qu’elles occupent au sein de la vie des malouins.

0 commentaires: