dimanche 13 juin 2010

De l'auditoire à l'hôtel de ville : regard sur les édifices civils de Lannion

Sur l'invitation de l'Association pour la recherche et la sauvegarde des sites archéologiques du Trégor, j'ai présenté le 12 juin, au Centre Jean Savidan de Lannion, un pan méconnu de l'histoire municipale de la ville. De l'auditoire royal de Louis XIV à l'hôtel de ville de Napoléon III, en passant par le palais de justice, c'est avec intérêt que le public a suivi la folle épopée de l'urbanisme lannionnais. En à peine un demi-siècle, grâce au formidable bon de l'industrialisation, la ville sort de son carcan médiéval pour embrasser la modernité. L'architecture des édifices civils de Lannion sont le reflet de cet effort d'aménagement et d'équipement, dans un petit chef lieu administratif que nul ne destinait à pareil destin.

Résumé de la communication

L’édit de création des présidiaux de 1551 fixait à Lannion le siège d’une sénéchaussée royale dépendant du présidial de Rennes. Le lieu ordinaire des séances de la cour se situait à l’auditoire, dans le prolongement des halles, sur l’actuelle place du Général Leclerc. Mais l’édifice pouvait-il supporter l’activité d’une justice moderne voulue par la Révolution et l’Empire, au 19e siècle ?

Après de nombreuses tergiversations et des lenteurs administratives, le choix du terrain pour la construction du nouveau tribunal est arrêté le 15 janvier 1851. L’audience solennelle d’inauguration du nouveau palais de justice de Lannion a lieu le 4 juillet 1855. La municipalité devient alors propriétaire de l’auditoire en novembre 1856, mais les travaux de rectification du tracé de la route impériale l’oblige bientôt à s'en séparer et à le démolir. On projette donc une nouvelle construction, l'actuel hôtel de ville, en haut de la place du Miroir, l’édifice ayant sa façade principale sur la rue de l’église, comblant ainsi le vide laissé par les démolitions. La première pierre de l’édifice est posée le 24 avril 1865, en présence des hauts dignitaires de la ville. On suppose qu'il est achevé avant la fin du Second Empire.

Jusqu'alors peu connue, l'histoire de ces édifices constitue autant de repères dans l'histoire plus large de l'étalement urbain de la ville, et notamment de son extension vers l'est, le long du Léguer. La création de nouveaux quartiers résidentiels, et la modernisation de la voirie d'origine médiévale, sont en effet conditionnées par l'implantation des nouveaux bâtiments. L'époque en est d'autant plus marquée qu'ils incarnent la notion nouvelle d'équipement, alliant l'utile au goût.

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