jeudi 23 septembre 2010

Sixième Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine

Cette année encore se tient, du 7 au 9 octobre à Paris, la Sixième rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine. C'est sous le parrainage de l’École nationale des chartes, institution hôte, qu'étudiants, doctorants, docteurs et postdoctorants se réuniront dans le but de discuter et de réfléchir sur les divers aspects de la patrimonialisation (1).

A cette occasion, je présenterai une contribution inédite sur l'efficacité des méthodes expérimentales empruntées à la psychologie cognitive et à l'éthologie, et réemployées pour l'histoire de l'art et de l'architecture. En attendant, je vous propose ci-dessous le résumé de cette intervention.

Cartographie cognitive et architecture publique : vers une relecture des critères de sélection,
in atelier 1 : "Le geste de choisir : stratégies et méthodologies". Jean-Michel Leniaud, archiviste-paléographe et historien de l'art, connu pour ses travaux sur l'histoire du patrimoine et de l'architecture, animera cette table ronde, prévue de 9h30 à 11h.

La trilogie mariannesque de Maurice Agulhon, professeur au Collège de France (1986-1997), a développé un enthousiasme sans précédant à l’endroit de la symbolique républicaine française et de ses modes de représentation dans les arts. De l’iconographie militante à la ritualisation des pratiques civiques, l’auteur a passé en revue, depuis la Révolution jusqu’à nos jours, l’ensemble des objets patrimoniaux constitutifs d’une mémoire commune, celle de la République. En étendant son champ de recherche à l’architecture publique, l’auteur a mis au point un système de lecture des façades, dans le but d’appuyer la démonstration d’une idéologie assimilée à l’histoire de l’art, et parfaitement identifiable selon des critères sémiotiques discriminants.

Pourtant, de nouvelles perspectives de recherche ont démontré que cette approche structuraliste et, de l’aveu même de l’historien, plus empirique que méthodologique, s’éloigne de l’épistémologie expérimentale destinée à définir le genre et la nature de l’objet patrimonial. Au contraire, il procède de cette méthode qu’elle soutient mieux l’histoire républicaine qu’elle ne sert l’histoire de l’architecture.

Notre intervention propose donc une relecture de la sémantique architecturale par une démarche nouvelle de sélection des objets, notamment par l’emprunt de méthodologies touchant à des domaines scientifiques voisins, telles que la psychologie cognitive et l’éthologie. A partir de l’analyse croisée de documents d’archives inédits, de plans d’architectes et du recensement photographique entrepris entre 2008 et 2009 sur plus de 600 communes bretonnes, nous présentons une révision de la cartographie des données architecturales et patrimoniales en Bretagne. En même temps, cette démarche audacieuse invite à une réflexion profonde des modes de sélection et de classement des objets patrimoniaux.

Notre démonstration s’appuiera sur les méthodes mises au point pendant notre doctorat, et sera illustrée d’exemples correspondant à la Bretagne des 19e et 20e siècles, notre aire de recherche.

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1. Les sixièmes journées sont co-organisées par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain (Luc Noppen, Université du Québec à Montréal), par le groupe interuniversitaire de recherche sur les paysages de la représentation, la ville et les identités urbaines (Lucie K. Morisset, Université du Québec à Montréal) et par le Forum canadien de recherche publique sur le patrimoine, sous la direction scientifique de Jean-Michel Leniaud. La coordination scientifique de l’événement a été confiée à Anne Richard-Bazire et à Martin Drouin.

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