mercredi 7 juillet 2010

La recherche en architecture contemporaine

Il n'est pas toujours très évident de travailler sur l'architecture contemporaine, notamment en Bretagne, à moins de passer de longues heures dans des bibliothèques spécialisées, et pour de modestes résultats. Heureusement, Internet propose de plus en plus de sites dédiés à la production bretonne de ces dernières années, permettant, au mieux, de dégrossir le champs de recherche et d'ouvrir des pistes sérieuses de réflexion. En voici une liste non-exhaustive.
Cette liste n'est pas close : elle peut s'enrichir par vos commentaires. Merci de votre contribution !

mercredi 30 juin 2010

Sixième Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine

Cette année encore se tient, du 7 au 9 octobre à Paris, la Sixième rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine. C'est sous le parrainage de l’École nationale des chartes, institution hôte, qu'étudiants, doctorants, docteurs et postdoctorants se réuniront dans le but de discuter et de réfléchir sur les divers aspects de la patrimonialisation (1).

A cette occasion, je présenterai une contribution inédite sur l'efficacité des méthodes expérimentales empruntées à la psychologie cognitive et à l'éthologie, et réemployées pour l'histoire de l'art et de l'architecture. En attendant, je vous propose ci-dessous le résumé de cette intervention.

Cartographie cognitive et architecture publique : vers une relecture des critères de sélection

La trilogie mariannesque de Maurice Agulhon, professeur au Collège de France (1986-1997), a développé un enthousiasme sans précédant à l’endroit de la symbolique républicaine française et de ses modes de représentation dans les arts. De l’iconographie militante à la ritualisation des pratiques civiques, l’auteur a passé en revue, depuis la Révolution jusqu’à nos jours, l’ensemble des objets patrimoniaux constitutifs d’une mémoire commune, celle de la République. En étendant son champ de recherche à l’architecture publique, l’auteur a mis au point un système de lecture des façades, dans le but d’appuyer la démonstration d’une idéologie assimilée à l’histoire de l’art, et parfaitement identifiable selon des critères sémiotiques discriminants.

Pourtant, de nouvelles perspectives de recherche ont démontré que cette approche structuraliste et, de l’aveu même de l’historien, plus empirique que méthodologique, s’éloigne de l’épistémologie expérimentale destinée à définir le genre et la nature de l’objet patrimonial. Au contraire, il procède de cette méthode qu’elle soutient mieux l’histoire républicaine qu’elle ne sert l’histoire de l’architecture.

Notre intervention propose donc une relecture de la sémantique architecturale par une démarche nouvelle de sélection des objets, notamment par l’emprunt de méthodologies touchant à des domaines scientifiques voisins, telles que la psychologie cognitive et l’éthologie. A partir de l’analyse croisée de documents d’archives inédits, de plans d’architectes et du recensement photographique entrepris entre 2008 et 2009 sur plus de 600 communes bretonnes, nous présentons une révision de la cartographie des données architecturales et patrimoniales en Bretagne. En même temps, cette démarche audacieuse invite à une réflexion profonde des modes de sélection et de classement des objets patrimoniaux.

Notre démonstration s’appuiera sur les méthodes mises au point pendant notre doctorat, et sera illustrée d’exemples correspondant à la Bretagne des 19e et 20e siècles, notre aire de recherche.

* * *

1. Les sixièmes journées sont co-organisées par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain (Luc Noppen, Université du Québec à Montréal), par le groupe interuniversitaire de recherche sur les paysages de la représentation, la ville et les identités urbaines (Lucie K. Morisset, Université du Québec à Montréal) et par le Forum canadien de recherche publique sur le patrimoine, sous la direction scientifique de Jean-Michel Leniaud. La coordination scientifique de l’événement a été confiée à Anne Richard-Bazire et à Martin Drouin.

lundi 21 juin 2010

Nouveau Chapitre de la Thèse : présentation de la thèse

A l'issue de la présentation du Nouveau Chapitre de la Thèse, qui s'est tenue lors de la troisième édition du Forum Docteurs et Entreprises, à Rennes 1, le 18 juin dernier, je vous propose de revenir sur le contenu de la démarche. Quoiqu'un peu formel, cet exercice a le mérite de synthétiser le cadre dense et les enjeux complexes de la thèse, tout en posant la question de la conduite technique et matérielle du projet doctoral. Du reste, il fait le point sur les perspectives de poursuite de carrière offertes au jeune docteur, une fois la thèse soutenue.

Présentation de la thèse

Dans notre vie quotidienne comme dans nos rapports professionnels, nous sommes invités à entretenir une relation étroite avec l’autorité publique. En tant que citoyen, nos droits civils et politiques nous conduisent à participer au débat démocratique, lors des élections, à nous prémunir des atteintes faîtes à nos libertés fondamentales, devant la Justice. En outre, nous sommes amenés à franchir le seuil de nos institutions pour des formalités parfois banales (carte nationale d’identité, passeport, permis de conduire, etc.), souvent marquantes (déclaration de naissance, de décès, mariage, etc.). Même si à l’ère du numérique nous pouvons traiter certaines de ces formalités à distance, notre environnement social et culturel reste marqué par ces rapports au Pouvoir. Les édifices qui le symbolisent cristallisent les inquiétudes sociales, notamment à l’occasion des manifestations : le saccage de la sous-préfecture Compiègne (Oise) en avril 2009 par des salariés de l’usine Continental de Clairvoix, en est un exemple. Au contraire, ils peuvent engendrer le sentiment d’appartenance culturelle : l’incendie du Parlement de Bretagne, actuelle Cour d’Appel de Rennes, a suscité une prise de conscience inédite. En bref, les sièges du pouvoir national et local fixent notre perception de l’autorité, de la société et de nos rapports avec la communauté.

A partir de l’image puissante qu’elle dégage, l’architecture du Pouvoir pose la question de son identité : peut-on, à partir d’un autre point de vue, la concevoir autrement que sous l’angle politique et social ? Parce qu’elle détermine l’ensemble des actes de la vie civique, l’architecture du Pouvoir peut-être assimilée au réservoir de la mémoire commune d’un lieu, d’un territoire, d’une nation. A ce titre, peut-on la reconnaître comme patrimoine ? Et, si tel est le cas, les techniques traditionnelles de classification des objets patrimoniaux sont-elles adaptées à ce type d’architecture, ou nécessitent-elles la prise en compte d’autres facteurs ? En outre, notre perception du Pouvoir dépend de modèles types, qui génèrent un ensemble de schémas architecturaux absorbés par notre pratique du Pouvoir. Afin de mieux en comprendre les mécanismes, il implique de les déterminer, d’en étudier l’évolution et la manière dont ils sont véhiculés.

Avant de lancer l’étude d’une telle envergure, il convient d’en dégager le sens et, surtout, les enjeux. Je propose ainsi de dissocier l’architecture publique par son importance, son histoire et son usage :
  • En premier lieu, l’architecture civile et plus particulièrement, celle du Pouvoir, constitue un patrimoine foncier considérable : en se basant seulement sur les communes des quatre départements bretons, on compte 1 269 mairies, pour près de 3,1 millions d’habitants. Ainsi, ces objets du patrimoine se placent à la même échelle que les monuments historiques, les musées ou les grands sites touristiques nationaux, du point de vue de leur nombre.
  • En second lieu, puisque les institutions que nous connaissons aujourd’hui en France sont issues de la Révolution française, l’architecture des édifices construits pour accueillir les administrations dessine près de deux siècles d’histoire. Cette longévité représente, du point de vue de l’histoire de l’art, un panorama remarquable de la production et de la création artistique récente.
  • En troisième et dernier lieu, l’originalité de ce type d’architecture réside dans sa constante transformation, à mesure que la société évolue. Les besoins de l’administration moderne conditionnent les normes de construction, d’occupation des espaces de travail, d’accueil des publics. Son usage est le reflet de la vitalité de la société civile.
L’étude d’un type d’architecture non-conçu à des fins religieuse (Abbaye du Mont-Saint-Michel, enclos paroissiaux du Finistère), militaires (châteaux-forts, Vauban), politique (Versailles, châteaux de la Loire) ou économico-industrielle (Canal du Midi, Forges d’Hennebont), mais à des fins sociales et collectives, mérite ainsi de changer notre façon de voir le patrimoine. Mal ou trop peu connue, l’histoire municipale est souvent délaissée au profit des grands évènements nationaux. D’ailleurs, le même constat peut être dressé pour l’histoire macro-économique, sociale et artistique à l’échelle des territoires. Alors qu’à partir d’un édifice commun, il existe des combinaisons variées et des compositions architecturales relevant des pratiques locales, étudier une architecture qui se veut d’abord universelle, mais qui en même temps se décline de façon originale, revient finalement à relire les cartes traditionnelles. Ce décodage incite à élaborer de nouvelles grilles de lecture, une prise en compte des données non plus généralistes, mais bien distinctives et discriminantes.

A suivre...
  • Enjeux scientifiques, aspects matériels et techniques
  • Poursuite de carrière

dimanche 13 juin 2010

De l'auditoire à l'hôtel de ville : regard sur les édifices civils de Lannion

Sur l'invitation de l'Association pour la recherche et la sauvegarde des sites archéologiques du Trégor, j'ai présenté le 12 juin, au Centre Jean Savidan de Lannion, un pan méconnu de l'histoire municipale de la ville. De l'auditoire royal de Louis XIV à l'hôtel de ville de Napoléon III, en passant par le palais de justice, c'est avec intérêt que le public a suivi la folle épopée de l'urbanisme lannionnais. En à peine un demi-siècle, grâce au formidable bon de l'industrialisation, la ville sort de son carcan médiéval pour embrasser la modernité. L'architecture des édifices civils de Lannion sont le reflet de cet effort d'aménagement et d'équipement, dans un petit chef lieu administratif que nul ne destinait à pareil destin.

Résumé de la communication

L’édit de création des présidiaux de 1551 fixait à Lannion le siège d’une sénéchaussée royale dépendant du présidial de Rennes. Le lieu ordinaire des séances de la cour se situait à l’auditoire, dans le prolongement des halles, sur l’actuelle place du Général Leclerc. Mais l’édifice pouvait-il supporter l’activité d’une justice moderne voulue par la Révolution et l’Empire, au 19e siècle ?

Après de nombreuses tergiversations et des lenteurs administratives, le choix du terrain pour la construction du nouveau tribunal est arrêté le 15 janvier 1851. L’audience solennelle d’inauguration du nouveau palais de justice de Lannion a lieu le 4 juillet 1855. La municipalité devient alors propriétaire de l’auditoire en novembre 1856, mais les travaux de rectification du tracé de la route impériale l’oblige bientôt à s'en séparer et à le démolir. On projette donc une nouvelle construction, l'actuel hôtel de ville, en haut de la place du Miroir, l’édifice ayant sa façade principale sur la rue de l’église, comblant ainsi le vide laissé par les démolitions. La première pierre de l’édifice est posée le 24 avril 1865, en présence des hauts dignitaires de la ville. On suppose qu'il est achevé avant la fin du Second Empire.

Jusqu'alors peu connue, l'histoire de ces édifices constitue autant de repères dans l'histoire plus large de l'étalement urbain de la ville, et notamment de son extension vers l'est, le long du Léguer. La création de nouveaux quartiers résidentiels, et la modernisation de la voirie d'origine médiévale, sont en effet conditionnées par l'implantation des nouveaux bâtiments. L'époque en est d'autant plus marquée qu'ils incarnent la notion nouvelle d'équipement, alliant l'utile au goût.

jeudi 10 juin 2010

Nouveau Chapitre de la Thèse : séance de présentation

A l'occasion de la troisième édition du Forum Docteurs et Entreprises, qui se tiendra à Rennes 1 le 18 juin prochain, je présenterai le résultat de ces six derniers mois de travail et de réflexion menés autour de mon "projet doctoral". A l'initiative de l'Association Bernard Grégory, et de l'Ecole Doctorale Arts, Lettres, Langues (506), j'ai en effet préparé, alors que se profile la fin du doctorat, mon "après-thèse" par un accompagnement professionnalisant et non-académique. En bref, cette démarche doit permettre de réévaluer la thèse, dans une perspective de poursuite de carrière, en tenant compte certes de ses aspects scientifiques, mais en prenant également en considération les compétences acquises et développées pendant ces quatre dernières années, et ainsi aider à (re) définir son projet professionnel. Ce travail a été mené sous la direction de Yanys Wessels, associé/consultant, en concertation avec Marine Grandgeorge et Linda Guidroux, doctorantes.

Résumé de la table ronde : « Valoriser les compétences du docteur : place à la pratique ».

Le cadre de la table ronde sera ici revisité pour donner lieu à une expérience inédite : trois jeunes chercheurs de différentes disciplines proposeront à tour de rôle leur vision du doctorat comme projet professionnel et de ses atouts pour une poursuite de carrière dans l'industrie, en création d'entreprise ou dans les collectivités territoriales. Chacun d'eux se prêtera ensuite à un jeu de questions-réponses avec l'auditoire. Dans une formule 100% pratique, cette séance un peu particulière est l'aboutissement d'un travail de fond, effectué sous l'égide d'un mentor à l'occasion d'une formation sur la valorisation des compétences proposée par l'Association Bernard Gregory.

Intervenants :

Périg Bouju, chercheur doctorant
Laboratoire Histoire et critique des arts (Université Rennes 2)

Marine Grandgeorge, chercheur doctorante
Laboratoire EthoS (Université Rennes 1)

Linda Guidroux, chercheur doctorante
Centre de recherche bretonne et celtique (UBO) et Université Laval (Québec)

Table ronde animée par Yanys Wessels, associé/consultant

mercredi 14 avril 2010

Prochaines communications en France

  • 12 juin, à 14h30, Lannion

De l'auditoire à l'hôtel de ville : regard sur les édifices civils de Lannion.

Conférence organisée par l'ARSSAT, Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor.
> visiter le site l'ARSSAT

  • 9 septembre, Saint-Malo (lieu et heure à définir)
Le rocher de la discorde : architecture et lieux de pouvoir à Saint-Malo, 19-20e siècles.

Conférence organisée dans le cadre du congrès de la SHAB, Société Historique et Archéologique de Bretagne, avec le concours de la Société d'Histoire et d'Archéologie de l'arrondissement de Saint-Malo et la ville de Saint-Malo. L'intervention servira d'introduction au débat qui suivra sur la reconstruction de la cité malouine.
  • 9 novembre, Rennes (lieu et heure à définir)
La mairie, symbole d'affirmation de la République : mythe ou réalité ? L'exemple de l'Ille-et-Vilaine décrypté.

Conférence organisée par la SAHIV, Société Archéologique et Historique d'Ille-et-Vilaine.

mardi 13 avril 2010

Grenelle 2 : vers la fin des ZPPAUP

Lors de l'examen du titre "Bâtiments et urbanisme" du Grenelle 2, en commission des affaires économiques, un amendement visant à remplacer les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager par des « aires de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine », a été adopté.

Article du Moniteur, paru le 09 avril 2010. Source : LE MONITEUR.FR

lundi 12 avril 2010

Ecomusée du Pays de Rennes : des symboles et des images

Agence Guinée Potin, nouvelle salle d’exposition temporaire de l'écomusée du Pays de Rennes, livraison octobre 2009.

mercredi 7 avril 2010

Les ateliers de Rennes

Ouverture de la biennale le 30 avril.

mardi 6 avril 2010

Paris : la place de la République redonnée aux piétons

Trevelo & Viger-Kohler Architectes Urbanistes, Paris. Livraison prévue au printemps 2013.